ℹ️ | VEGETALISER EN REFAISANT L'ETANCHEITE DES PARKINGS
75020 - Paris
sur une période de
2 ans
Contexte de la rénovation énergétique en copropriété
Une dalle de 1.200 m² en pied d'immeuble, un parking en dessous… et des fuites. Une réfection de l'étanchéité est donc incontournable. Au-dessus, un parvis très minéral, presque une route, qui chauffe en été et où l'eau de pluie file directement à l'égout. Et si, au lieu de simplement refaire l'étanchéité à l'identique, on profitait du chantier pour transformer complètement cet espace ?
Reno Story basée sur la fiche : « Végétaliser une dalle à l'occasion de la réfection d'étanchéité : l'exemple du bailleur social Paris Habitat » – AdaptaVille – juillet 2023 – Agence Parisienne du Climat
Travaux de rénovation énergétique réalisés
Ligne du temps du projet de rénovation en copropriété
Le point de départ
Au départ, comme souvent, il s'agit d'une nécessité et non d'une envie d'amélioration : il faut arrêter les infiltrations dans le parking. Mais l'étanchéité impose de toute façon de « tout ouvrir ». Le surcoût pour faire mieux devient alors relativement marginal par rapport à la masse des travaux à réaliser quoi qu'il arrive. Le maître d'ouvrage décide donc de saisir l'occasion pour rafraîchir les abords de l'immeuble, améliorer le cadre de vie des habitants et, selon les mots des concepteurs, « sortir du vocabulaire routier ».
Le choix du premier pas
Un bureau d'architecture et de paysage (LandFabrik) est mandaté avec une consigne claire : proposer un aménagement végétalisé… mais sans arrosage. Pas question en effet de créer des espaces verts qui feraient exploser les charges d'entretien et la consommation d'eau.
L'étude et la préparation
La grande difficulté ? L'épaisseur disponible sur la dalle : à peine 15 à 20 cm. C'est la hauteur du seuil d'entrée qui fixe la hauteur maximale de terre. Le substrat fait donc environ 5 cm, et monte jusqu'à 15 cm en buttes sur les côtés. Pas d'arbres possibles, évidemment, mais des plantes robustes, capables de se passer d'irrigation. La terre utilisée est récupérée sur un chantier voisin.
Autre point d'attention : la portance. La dalle doit continuer à accueillir la voie pompier, et le choix est fait de ne pas la renforcer. Tout le projet, y compris les cuves de récupération d'eau, est donc dimensionné sur base de la portance existante.
Côté revêtements, plusieurs choix originaux sont faits :
- un enrobé clair, fabriqué à partir de déchets de papeterie, pour la voie pompier (pas trop clair non plus, pour ne pas éblouir les logements !) ;
- un revêtement « terre-pierre » engazonné sur les zones planes, qui retient l'eau et laisse la végétation s'installer ;
- deux cuves de 5 m³ pour récupérer l'eau de pluie, placées volontairement bien en vue en pignon, et alimentant une « bordure d'évaporation » low-tech qui rafraîchit l'espace en période de chaleur.
Le choix du financement
Bonne nouvelle : la végétalisation pèse peu dans le budget. L'ensemble (étanchéité + aménagement) revient à environ 400 €/m², et c'est la réfection de l'étanchéité qui constitue de loin le poste le plus important.
Mais le vrai coût d'un espace vert, c'est souvent… son entretien, répercuté dans les charges. L'astuce ? Un échange de services avec des acteurs du quartier. Une micro-brasserie associative cultive 40 pieds de houblon sur le site et en assure l'entretien et la récolte, tandis qu'une association de jardiniers (à vélo !) réalise les plantations. Tout le monde y gagne, et les charges restent maîtrisées.
L'exécution des travaux
Un projet de ce type sort des habitudes des entreprises générales. Le revêtement terre-pierre, en particulier, a demandé un vrai travail de sensibilisation de l'entreprise de travaux. Un effet secondaire intéressant : ce type de chantier fait progresser les pratiques des prestataires.
Réception des travaux
Surprise après la livraison : certains habitants trouvent que le chantier n'est « pas fini » ou « pas propre ». La bande terre-pierre, encore peu végétalisée, et les flaques après une averse en sont la cause. La leçon ? Un travail de pédagogie est indispensable, avant mais aussi après les travaux, pour expliquer les choix réalisés et pourquoi il est justement intéressant que la végétation colonise ces surfaces.
Le Happy End
Un mois et demi après la plantation, la dalle a déjà changé de visage : plus verte, plus fraîche, avec une récolte de houblon festive organisée avec les habitants. Et après ? Pour le maître d'ouvrage, ce n'est qu'une étape : la protection solaire des fenêtres (volets) et le traitement des toitures sont les prochains chantiers pour améliorer le confort d'été des logements.
Et en copropriété ? La logique est exactement la même : la réfection d'une étanchéité de toiture plate, de terrasse ou de dalle de parking est LE moment idéal pour se poser la question de la végétalisation, de la récupération d'eau de pluie… ou des panneaux photovoltaïques. Pourquoi pas chez vous ?
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